COMMENT RÉSISTER À LA TENTATION DE METTRE LA BARRE TROP HAUT SUR SON BLOG ?

Pour beaucoup d’amateurs, bloguer est un loisir parmi d’autres. C’est une source d’épanouissement, qui demande parfois du temps mais que l’on associe malgré tout à la détente et à des émotions positives.

Mais pour d’autres, le blogging peut devenir une source d’angoisse et de frustration : trop de sollicitations, l’impression de devoir en faire toujours plus pour rester dans la course, la difficulté à faire face à toutes les exigences de cette activité si riche… Beaucoup de situations peuvent conduire un blogueur à mettre la barre trop haut.

Pourquoi en arrive-t-on à se mettre la pression à ce point ? Comment faire pour reprendre le contrôle et revenir à une approche plus saine du blogging ? Je vous propose d’approfondir ces questions et de découvrir quelques conseils pratiques pour réagir si vous sentez planer la menace du burn-out.

 

Le burn-out du blogueur, un mythe ?

L’idée qu’il puisse exister un burn-out chez les blogueurs fait parfois froncer les sourcils voire déclenche des moqueries. Pourtant, à de nombreux égards, le blogging s’apparente à un travail (c’en est même un pour certaines personnes) et peut donc faire l’objet des mêmes risques qu’une activité professionnelle classique.

Fort heureusement, le véritable burn-out reste rare mais beaucoup de blogueurs en connaissent certains symptômes qui viennent gâcher de manière parfois durable le plaisir de bloguer.

Le burn-out, c’est quoi au juste ?

Dans le monde professionnel, le burnout résulte souvent de la conjugaison de plusieurs facteurs, notamment :

  • Une charge de travail trop importante.
  • Une pression psychologique intense, liée à l’environnement et/ou à des facteurs internes (perfectionnisme, difficulté à dire non).
  • Le sentiment de ne pas retirer des bénéfices à la hauteur de son investissement (par exemple, travailler beaucoup sans recevoir la reconnaissance qui va avec).
  • Un certain isolement social : ne pas se sentir soutenu et écouté.
  • Le fait de recevoir des demandes qui entrent en conflit avec vos valeurs.
  • Un manque de contrôle sur votre travail.

Pourquoi les blogueurs peuvent souffrir aussi ?

Ce sont pour la plupart des situations que l’on peut ressentir sur un blog : beaucoup de blogueurs s’investissent énormément, se sentent obligés de fournir un contenu de qualité professionnelle même s’ils sont amateurs, se retrouvent prisonniers d’une course à l’excellence où ils entendent partout qu’il faut se former au référencement, publier souvent et investir dans un design professionnel.

Beaucoup se sentent seuls face à ces problématiques car la blogosphère valorise une certaine « perfection » et l’entourage peut avoir du mal à comprendre pourquoi on s’investit autant. Sans oublier que de nombreux blogueurs ont l’impression d’être perdus face à la complexité de l’activité (le code, le community management, le référencement et j’en passe !) et doivent faire face à des résultats décevants sans savoir comment inverser la vapeur : le trafic n’est pas au rendez-vous, les lecteurs ne commentent pas assez les articles, etc.

Il arrive à tout un chacun de ressentir ces sentiments à un moment de son parcours mais certaines personnes y sont plus vulnérables que d’autres. Ce sont souvent des des gens qui n’ont pas confiance en eux et se sentent obligés d’en faire plus que les autres pour mériter leur place, des personnes qui se réalisent à travers leur travail ou qui ont un très fort désir de « bien faire » quitte à ne pas savoir poser des limites ou s’arrêter…

Quelles conséquences ?

  • Vous vous sentez démotivé et vous avez l’impression d’être nul.
  • Vous ressentez du stress.
  • Vous avez tendance à vous isoler.
  • Vous éprouvez de l’agressivité que vous dirigez parfois vers les autres.
  • Votre jugement est déformé : par exemple, face à un avis différent du vôtre, vous allez le vivre comme une attaque personnelle et être très affecté ; vous allez exagérer les conséquences d’une petite erreur (ex : un lecteur qui vous signale une faute d’orthographe).
  • Vous avez du mal à vous concentrer.

Si ça prend des proportions vraiment extrêmes, mieux vaut demander de l’aide car les causes sont sans doute plus profondes, votre blog agit juste comme un « révélateur » qui les met en lumière.

Comment lutter quand on a tendance à mettre la barre haut ?

Oubliez ces autres qui vous angoissent

A lire sur le sujet – 10 raisons de ne pas avoir peur de la concurrence sur son blog

Quand on ouvre un blog, on est très vite happé dans un monde où on lit beaucoup d’articles, où on fréquente beaucoup d’autres blogs… Parmi eux, il y a toujours des gens qui ont des compétences que vous n’avez pas. Le fait qu’ils trouvent leur place dans la blogosphère ne vous empêchera pas de trouver la vôtre.

Si vous ressentez une pointe de jalousie ou du stress en lisant certains blogs parce qu’ils vous paraissent tellement meilleurs que le vôtre, arrêtez de les lire.

Réduisez le volume de sollicitations

Quand on a un blog, les sollicitations sont quotidiennes ce qui peut créer un sentiment de « trop plein ». On peut en venir à bout…

  • En décidant de ne plus répondre aux commentaires plusieurs fois par jour mais seulement 3 fois par semaine.
  • En désactivant les notifications des nouveaux commentaires pour choisir soi-même à quel moment on va les lire.
  • En se désabonnant de nombreuses newsletters.
  • En acceptant l’idée de ne pas répondre à certains mails.
  • En réduisant le nombre de réseaux sociaux sur lesquels on est actif.

A lire sur le sujet – 8 conseils pour survivre quand on reçoit trop de mails

Fixez-vous des limites

Si vous avez tendance à mettre la barre trop haut, il faut réapprendre à vous fixer des objectifs plus réalistes et ça peut passer par des limites chiffrées.

  • Déterminer un nombre d’articles maximum à publier chaque mois.
  • Limiter le temps passé sur les réseaux sociaux à X heures/minutes par jour… quitte à installer une extension de navigateur comme BlockSite ou LeechBlock pour bloquer l’accès à certains sites une fois ce temps écoulé.
  • Aborder vos statistiques autrement : par exemple, au lieu de viser un trafic de X visiteurs par mois, intéressez-vous à l’évolution du trafic d’un mois à l’autre. Ce sera moins démoralisant de constater que votre blog a +10% de trafic que de constater que vous n’avez pas atteint votre objectif de 10000 visiteurs par mois.

Essayez le timetracking

C’est une méthode que les psychologues utilisent parfois avec les gens qui souffrent d’une addiction au travail. On vous demande de tenir un journal où vous consignez le temps passé sur votre travail mais aussi le temps dévolu à vos loisirs. Début octobre, j’ai décidé de m’essayer à l’exercice avec le blogging. Vous pouvez par exemple :

  • Déterminer les types d’activités que vous réalisez : rédaction, réseaux sociaux, etc.
  • Quand vous commencez une nouvelle activité, vous notez l’heure. Quand l’activité est finie, vous calculez combien de temps elle a nécessité en déduisant les éventuelles pauses que vous avez faites.
  • Vous consignez tout ça dans un journal et à la fin de chaque journée, vous faites le total du temps passé et vous ajoutez des observations.
  • Chaque semaine puis chaque mois, vous faites un bilan pour trouver des axes d’amélioration.

Il suffit parfois de quelques semaines pour tirer des conclusions intéressantes.

  • Vous allez réaliser sur quelles activités vous perdez du temps. Par exemple, j’ai pris conscience que mes relectures (bien trop perfectionnistes) d’un article me demandaient deux à trois fois plus de temps que l’écriture !
  • Vous allez savoir dire si vous vous fixez un planning ou des objectifs irréalisables. Par exemple, le timetracking vous permettra de savoir combien de temps vous mettez à écrire un article en moyenne et c’est une base objective à partir de laquelle il sera plus facile de définir un programme réaliste.
  • Vous allez repérer les situations qui vous poussent à « trop travailler » alors que vous aviez prévu de vous arrêter plus tôt.
  • Sur une note plus positive, si vous prenez l’habitude de mettre des observations sur votre carnet de bord, vous allez aussi remarquer quelles journées sont associées à un sentiment de satisfaction. C’est un très bon moyen d’identifier ce qui vous fait du bien !

Ayant une tendance naturelle à ne pas savoir m’arrêter, je teste toutes sortes de méthodes pour « garder la situation sous contrôle » car j’ai malheureusement vécu le cas de figure où ça devient incontrôlable… J’espère que ces quelques conseils vous aideront si vous êtes dans le même cas !

De Marlène Vie de blogueur que je suis régulièrement https://www.notuxedo.com